Qui est Hindou Oumarou Ibrahim?

  • parle-nous de ton association

L’association des Femmes Peules et des Peuples Autochtones du Tchad (AFPAT) travaille depuis 15 ans dans les communautés autochtones du Tchad, mais aussi sur le plan régional et international pour protéger les droits humains dont les droits des peuples autochtones et la protection de l’environnement. Nous menons de nombreux projets du terrain qui ont des résultats très concrets pour les communautés, comme la mise en place d’activités génératrices de revenus pour les femmes, la sensibilisation sur l’éducation des enfants nomades, ou encore la protection des connaissances et savoirs traditionnels des peuples autochtones. Il y a beaucoup à faire, car les peuples autochtones du sahel sont marginalisés, et en plus, ils sont les premiers à souffrir des dégradations de leur environnement et du changement climatique.

  • pourquoi est tu engagée dans la lutte pour la protection de l’environnement ?

L’environnement est tout d’abord notre mode de vie, c’est notre culture, c’est notre économie, notre pharmacie, notre supermarché et c’est notre identité. Le Tchad, avec ces écosystèmes riches et divers, le désert, la forêt, la savane et la bande sahélienne est un pays merveilleux du point de vue de l’environnement. Mais aussi cet environnement est fragile. La désertification menace, le climat se dérèglé, les saisons changent et nous sommes menacés. Les recherches que nous avons menées à AFPAT montre que nous avons déjà connu un réchauffement de plus de 1,5°C en un siècle c’est-à-dire de 1901 à nos jours. Tout le monde peut voir que notre environnement est menacé. Lesmarresdéparaient, le lac réduit de 90% en 40ans, l’eau s’épuise, et chaque année, à la saison sèche, nous avons des vagues de chaleur qui tuent le bétail, les jeunes enfants et nos anciens. Je veux protéger notre environnement parce que c’est la clé de notre survie, pour ma communauté, mais aussi pour le Tchad, car un environnement en bonne santé nous permettra de nous adapter au changement climatique, d’avoir une agriculture et un élevage qui nourrissent chaque tchadienne et chaque tchadienne à leur faim. Un environnement protégé c’est nécessaire pour rendre notre pays plus fort. Et un environnement sain est égal a un développement durable. Je m’engage pour protéger les humains et la planète afin de laisser une part à la génération future.

  • quel regard *portes-tu sur la situation de la femme Tchadienne plus particulièrement la femme rurale?

On parle souvent des problèmes de la femme rurale, mais moi je veux vous parler des solutions. Car les femmes rurales sont les piliers de leur famille, et je veux rendre hommage à leur courage. Car en plus d’être des mères de famille, elles s’occupent de l’éducation de leurs enfants, de petits travaux agricoles qui permettent la survie de leur famille quand vient la sécheresse. Mais elles sont aussi médecin et infirmières, avec leurs connaissances traditionnelles, comme ma grand-mère qui m’a tellement appris sur la nature, les plantes médicinales et toutes les connaissances et les bonnes pratiques qu’elle m’a transmis. Au Tchad, une femme en milieu rural, elle cumule tellement de métiers : agricultrice, institutrices, médecin, épouse, ménagère… Alors je veux les aider, les mettre au cœur de la lutte contre la pauvreté, de la protection des droits humains et de l’environnement. Pour moi, la priorité, c’est d’envoyer les filles à l’école, car c’est elle qui protégeront notre avenir. C’est dans l’intérêt de tous, et c’est quelque chose sur laquelle doivent travailler notre gouvernement, mais aussi tous les parents, les chefs des communautés.

  • Ton nom figure sur la liste des 100 femmes influente et inspirante du monde de BBC « BBC 100 wowan 2018 » une fierté pour le Tchad. Que diras tu aux jeunes filles qui aspirent à être aussi influentes et inspirante.

A toutes les jeunes filles qui nous lisent, je veux dire que la priorité, c’est l’éducation. Allez à l’école, cela vous rendra plus forte, pour vous permettre de faire respecter vos droits.L’éducation est très importante en plus n’oubliez pas aussi l’importance de la diversité culturelle de notre pays qui vous aidera à mieux vous affirmer. Mais je veux aussi leur dire d’écouter leurs mères, leurs grands-mères. En Afrique, nous n’avons pas beaucoup de bibliothèques, mais nous avons la transmission des connaissances et savoirs traditionnelles à travers les générations. Ces connaissances sont la clé de notre survie et de la protection de notre planète. Il faut les protéger, les préserver et les transmettre.

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