ZOOM: Plus de 200 millions de filles et de femmes victimes d’excision dans le monde

une pratique dont les causes, très ancrées dans les traditions, ont des conséquences désastreuses sur la vie des filles.

Chaque  6 février, le monde célèbre la journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. Dans le monde, plus de 200 millions de femmes et de filles sont victimes de cette pratique. Au Tchad, elles sont 44%, selon un rapport de l’Unicef. Les mutilations génitales féminines ou l’excision  sont pratiquées au Tchad et dans d’autres pays d’Afrique et du Moyen-Orient où elle est constante comme une pratique marquant le passage de la jeune fille à l’âge adulte.

Au Tchad, au moins 80 % de filles ont subi cette pratique entre 5 et 14 ans, parfois dans le cadre de rites marquant le passage à l’âge adulte. Ces derniers, avec la mobilisation de la société civile et autres partenaires sociaux du pays, les mentalités changent mais, la pratique se fait en cachette malgré l’existence d’une loi l’interdisant.

Parlant des lois et instruments interdisant cette pratique rétrograde, à titre illustratif, la loi 06 du 15 avril 2002, portant promotion de la santé de reproduction. L’un des articles de cette loi dispose « Toute personne a le droit de n’être pas soumise à la torture et à des traitements cruels, inhumains ou dégradants sur son corps en général et sur ces organes de reproduction en particulier. Toutes les formes de violences telles que les mutations génitales féminines, les mariages précoces, les violences domestiques et les sévices sexuels sur la personne humaine sont interdites. »

En plus, il y a les instruments nationaux et internationaux que le pays à ratifier et qui interdisent la pratique de mutilations génitales féminines. Il y a notamment la charte africaine des droits de l’homme et du peuplela charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant et la convention des Nations-Unies relative aux droits de l’enfant.

Malgré ces multiples instruments juridiques, entre 2010 et 2019 44,2% des femmes âgées de 15 à 39 ans ont subi une forme de mutilation, selon le rapport d’une enquête nationale. L’Organisation des Nations-Unies s’inquiète de cette situation et pense que 3 millions de jeunes filles risquent de subir des mutilations féminines chaque année, si les mentalités ne changent pas

L’excision est aussi un moyen pour les hommes de contrôler la sexualité de leurs femmes.

Cette forte propension à l’excision dans certains pays s’explique essentiellement par la dimension traditionnelle, culturelle ou religieuse de la pratique, existant depuis des siècles.

En effet, l’excision fait partie d’un rituel traditionnel de passage à l’âge adulte pour les filles âgées à peine d’une quinzaine d’années, âge auquel elles sont censées se marier. C’est pourquoi l’excision se pratique traditionnellement juste avant le mariage, afin de rendre  la future jeune mariée « pure » aux yeux de son futur mari.

Toutefois, le procédé a perdu de son sens culturel et traditionnel : l’opération est aujourd’hui généralement réalisée avant l’âge de 15 ans en milieu rural et dans les 40 jours suivant la naissance en milieu urbain. Les hommes refusent parfois d’épouser une fille non excisée, car l’excision n’est pas seulement une pratique culturelle ou religieuse, c’est aussi un moyen pour les hommes de contrôler la sexualité des femmes.

La pression sociale, le tabou autour du sujet, le manque d’information sur ses conséquences néfastes pour la santé, les amalgames avec la religion musulmane, les croyances et les superstitions très ancrées dans les communautés, font de l’excision une des pratiques traditionnelles néfastes les plus difficiles à éradiquer.

LES CONSÉQUENCES DÉSASTREUSES DE L’EXCISION SUR LA VIE DES FILLES

Les mutilations génitales féminines constituent une violation manifeste des droits humains. Les complications liées à l’excision et aux mutilations génitales, qui s’accentuent au moment de la puberté, sont nombreuses et violentes.

Les conséquences liées à l’excision sont inconnues des populations la pratiquant.

  • problèmes vaginaux, souffrances,
  • saignements abondants,
  • infections (tétanos, maladies sexuellement transmissibles…),
  • déscolarisation dans les cas où l’excision est suivie d’un mariage précoce,
  • douleurs en urinant
  • douleurs pendant les rapports sexuels et les menstruations,
  • risques d’incontinence,
  • complications lors des grossesses et des accouchements,
  • infertilité,
  • détresse psychologique,
  • état de choc violent et mort. 

Dans la plupart des cas, les conséquences catastrophiques de cette forme de mutilation génitale féminine sont inconnues des populations la pratiquant. En effet, la majorité des femmes excisées qui rencontrent ces problèmes ne savent pas que ceux-ci sont liés à l’excision dont elles ont été victimes enfants, ces problèmes ne survenant pour la plupart qu’au moment de la puberté.

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